Par Michel Boyon - le 19-10-2011
« Lorsque nous avons créé ensemble le Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM), à Ouagadougou le 1er juillet 2007, nous partagions une grande ambition : défendre et promouvoir un modèle de régulation des médias fort et indépendant, protecteur des libertés, un modèle où la technique est mise au service des programmes, où les contenus comptent davantage que les considérations économiques, un modèle où l’audiovisuel est un levier pour la diversité culturelle, pour la cohésion sociale, pour le pluralisme politique.
Nous savions pouvoir compter sur l’amitié et le respect qui nous unissent, ainsi que sur ce formidable legs commun qu’est la langue française. Notre réseau est celui de la diversité, celui de la liberté, celui de la solidarité, et, comme nous le rappelait lors de la réunion fondatrice de Ouagadougou notre ami Luc-Adolphe Tiao, président d’honneur du REFRAM et aujourd’hui Premier ministre du Burkina Faso : «Un doigt ne peut écarter la pierre du chemin, une main peut tout juste la jeter, mais mille mains peuvent de toutes les pierres du chemin faire la maison qui abrite les hommes ».
C’est ce chemin que nous avons parcouru ensemble : le REFRAM est désormais notre maison commune. Tant a été fait en quatre années ! Après la présidence fondatrice de Luc-Adolphe Tiao, le sens de la continuité de Béatrice Damiba, le soutien indéfectible de Nancy Ndiaye Ngom, qui a accueilli à Dakar la première grande manifestation du réseau, l’enthousiasme et le sens de l’action concrète d’Ahmed Ghazali, c’est avec espoir et confiance que nous nous apprêtons à accueillir à la présidence du réseau le Conseil supérieur de l’audiovisuel de la Communauté française de Belgique, en la personne de Marc Janssen. Il mettra, à n’en pas douter, sa jeunesse, son ambition, sa capacité d’analyse et d’anticipation, au service des objectifs fondamentaux du REFRAM.
Beaucoup a déjà été construit, notamment grâce au soutien essentiel de l’Organisation internationale de la Francophonie, dont nos statuts soulignent notre attachement à des valeurs communes « telles qu’elles sont exprimées dans la Charte de la Francophonie, la Déclaration de Bamako de novembre 2000, et la Déclaration de Saint-Boniface de mai 2006 ». Nous voulons voir un signe fort de reconnaissance dans l’engagement pris par les chefs d’Etat et de Gouvernement ayant le français en partage de « développer les capacités des organes chargés de la régulation de la communication », figurant dans la Résolution sur la Déclaration de Bamako dix ans après, adoptée lors du dernier sommet de l’OIF à Montreux les 23 et 24 octobre 2010.
La vocation du REFRAM, telle qu’affirmée par ses statuts, est ainsi d’œuvrer à la consolidation de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits de l’homme. C’est notamment pour ce faire que la défense du pluralisme des médias a été un axe majeur de coopération et une priorité affirmée dans la feuille de route 2010-2011 adoptée à Marrakech. Sur ce sujet, que d’échanges d’expériences entre membres, sans parler du grand succès du séminaire organisé à Fès les 29 et 30 novembre 2010 !
Nous avions la volonté de créer un espace d’échange, de partage des « bonnes pratiques » et des expériences. Qui peut nier que le REFRAM, comme les autres réseaux d’ailleurs, africain, européen, méditerranéen, accroît et renforce les échanges bilatéraux entre les siens ? Combien de visites d’études et de formation entre membres avons-nous constatées !
Les plans d’actions du REFRAM rappellent par ailleurs, depuis l’origine, la volonté commune de veiller à ce que la coopération entre les membres se traduise en actions concrètes, permettant d’ancrer les autorités de régulation des médias au cœur des systèmes institutionnels de nos pays respectifs. Des coopérations visant à renforcer les moyens et capacités matériels et humains des institutions membres ont ainsi été conduites sous l’égide du Réseau. Regardons par exemple celles récemment menées par la présidence de REFRAM, la Haute Autorité de la communication audiovisuelle du Maroc, en particulier à l’intention de la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel de Mauritanie, de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle du Tchad ou de l’Observatoire de la communication du Niger. Ces coopérations, d’ordre matériel, technique et pédagogique, visaient notamment à renforcer les capacités de ces institutions dans le contrôle des programmes et expriment tout le sens du REFRAM.
Je souhaite que notre Réseau continue à s’ouvrir à d’autres régions du monde. Après avoir accueilli avec bonheur les autorités de régulation du Canada, de la Guinée, du Liban, de la Moldavie, du Niger, de la Roumanie et de la Suisse lors de la conférence des présidents de Marrakech des 16 et 17 novembre 2009, d’autres pourraient nous rejoindre (avec notre accord à tous) lors de la conférence de Bruxelles : les autorités de régulation de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Croatie ou de la Tunisie. Il m’apparaît aujourd’hui souhaitable que le REFRAM s’étende au continent asiatique lors de cette nouvelle présidence.
Le continent africain s’est par ailleurs donné l’année 2015 comme date de passage au tout numérique. La révolution numérique est une source magnifique de potentialités, mais elle peut aussi être responsables de fractures entre ceux qui y ont accès et ceux qui en sont exclus. Le REFRAM est à même de prendre en compte ce défi, de créer une réelle solidarité pour qu’aucun pays, aucune zone du monde, ne se sente à l’écart de l’économie numérique et de ses immenses perspectives de développement. Ce sujet sera assurément au centre de nos échanges et actions dans les deux prochaines années.
Je ne parlerai pas ici du rôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel au sein du Réseau. Mais sachez qu’il demeurera, à la place qui est la sienne, inlassablement et indéfectiblement au service du REFRAM. »
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